Efficacité énergétique Sobriété énergétique dans l'industrie et l'habitat

Les leviers concrets de l'efficacité énergétique

Cette page recense les actions qui produisent des résultats mesurables, dans l'habitat comme dans l'industrie, avec leur ordre de rentabilité. Le principe est le même partout : traiter les besoins avant les équipements.

Dans le logement : l'enveloppe

L'isolation des combles perdus est l'action la plus rentable de toutes : faible coût au mètre carré, mise en œuvre rapide, temps de retour souvent inférieur à cinq ans.

L'isolation des murs vient ensuite, par l'extérieur quand c'est possible, elle traite les ponts thermiques et conserve l'inertie à l'intérieur, ou par l'intérieur, moins coûteuse et plus délicate en termes d'humidité.

Le plancher bas sur cave, vide sanitaire ou garage est fréquemment oublié alors qu'il est simple à traiter.

Les menuiseries arrivent en dernier : elles coûtent cher, elles se voient, et elles représentent une part plus faible des déperditions qu'on ne l'imagine. Les changer avant d'isoler les combles est l'erreur la plus courante.

Dans le logement : la ventilation

Un logement rendu étanche doit être ventilé de façon maîtrisée. La ventilation hygroréglable module les débits selon l'humidité ; la ventilation double flux récupère la chaleur de l'air extrait, avec un rendement élevé et un entretien réel, changement de filtres, nettoyage des réseaux.

Négliger ce poste après avoir isolé produit condensation, moisissures et dégradation de la qualité de l'air : c'est la pathologie la plus fréquente des rénovations partielles.

Dans le logement : les équipements

qualité de l'air intérieur

La pompe à chaleur, air-eau ou géothermique, restitue trois à quatre kilowattheures de chaleur pour un kilowattheure consommé, à condition d'être associée à des émetteurs basse température et correctement dimensionnée.

Le chauffe-eau thermodynamique applique le même principe à l'eau chaude sanitaire. Le poêle ou la chaudière à granulés conviennent aux logements disposant d'un espace de stockage et d'un conduit.

Dans tous les cas, la puissance se calcule après travaux d'isolation. Un générateur surdimensionné coûte plus cher, fonctionne par à-coups et s'use plus vite.

Dans l'industrie : les utilités

Dans une installation industrielle, l'essentiel des gains ne se trouve pas dans le procédé mais dans les utilités, air comprimé, vapeur, froid, moteurs, éclairage.

L'air comprimé est le poste le plus gaspilleur : son rendement global est faible, et les fuites représentent couramment vingt à trente pour cent de la production. Une campagne de détection et de réparation des fuites est l'action au meilleur retour sur investissement de toute l'industrie.

La vapeur suit : purgeurs défaillants, calorifugeage manquant sur les réseaux et les vannes, pertes de condensats non récupérés.

Les moteurs électriques consomment la majorité de l'électricité industrielle. Les variateurs de vitesse sur les pompes et les ventilateurs à débit variable produisent des gains importants, la puissance absorbée variant avec le cube de la vitesse.

Dans l'industrie : la chaleur fatale

Toute installation rejette de la chaleur non utilisée : fumées, compresseurs, groupes froid, eaux de process. La récupérer pour préchauffer un fluide, chauffer des locaux ou alimenter un réseau de chaleur est souvent le gisement le plus important d'un site.

Le repérage se fait par une cartographie des flux thermiques, et la valorisation suppose de faire coïncider un besoin et une disponibilité, en température comme dans le temps.

Le pilotage et la mesure

Sans mesure, aucune économie n'est vérifiable. Le sous-comptage par atelier ou par usage, la courbe de charge et le suivi d'indicateurs rapportés à la production permettent de détecter les dérives et de prouver les gains.

Un système de management de l'énergie formalise cette démarche, avec une revue périodique et un plan d'actions. C'est ce cadre, plus que les équipements, qui fait durer les résultats.

Financer

Les certificats d'économies d'énergie financent une partie des actions standardisées, dans l'habitat comme dans l'industrie. Les contrats de performance énergétique engagent un prestataire sur un résultat mesuré. Et le tiers-financement permet d'étaler l'investissement sur les économies réalisées.

Dans tous les cas, la règle qui protège le mieux est de faire réaliser l'étude par un acteur indépendant de celui qui vendra les travaux.

Adresses utiles

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